mardi 27 janvier 2009

Tentative de compréhension de la Fascination...

Il y a environs un an j'ai découvert l'existence de Twilight.

On racontait que là-bas, de l'autre côté de l'Atlantique, une jeune auteur avait écrit une série de romans sur les vampires qui faisait un carton au point d'être considérée comme le nouvel Harry Potter. La saga avait particulièrement de succès auprès de la gente féminine en raison de son histoire "so romantic" et de son héros "so hot"... C'est là que j'ai commencé à avoir peur... Mais comme je suis un peu maso et que je sentais que la chose commençait à prendre de l'ampleur en France et que bientôt ça ne serait pas marrant de ne pas l'avoir lu, je me suis lancée dans le premier tome en novembre dernier... Et bien ça ne m'a pas franchement donné envie de me joindre à l'hystérie générale...




Je me suis contentée du premier tome, je dois dire que ça se lit très vite quand on a pas grand chose d'autre à faire. L'histoire de base est plutôt sympa et on a envie de savoir la suite, mais bon sans plus. La première chose qui m'a beaucoup gênée, c'est le style. C'est vraiment très très mal écrit (et la traduction, pas terrible, ne fait rien pour arranger les choses...), il y a des incohérences, des maladresses, des phrases qui ne veulent rien dire ou qui ne servent à rien, des dialogues qui sonnent faux, des descriptions et des comparaisons pas terribles, des discussions redondantes qui tournent en rond (combien de fois on se tape la pseudo-dispute entre Bella et Edward sur le thème du "on s'aime mais notre amour est impossible car je suis un vampire et je risque de te tuer mais toi tu t'en fous et ça m'énerve" ?) Bref sur le coup j'ai vraiment cru que ça avait été écrit par une jeune fille de 17 ans se faisant son petit délire sentimental et dont la fanfiction avait été repérée sur internet, et j'ai été très surprise de découvrir que l'auteur était en faite une mère de famille d'une trentaine d'année!

Évidemment ça ne m'a pas beaucoup aidé et j'ai eu bien du mal à rentrer dans le trip en ayant le sentiment que j'avais vraiment passé l'âge de lire des choses pareil. Au départ les personnages ne sont pas non plus franchement attachants, globalement Bella m'a profondément saoulée à remplir avec une application confondante le cahier des charges de l'ado dark torturée, passant son temps à se plaindre, à jouer les victimes et à prendre les gens qui ont le malheur d'être "normaux" de haut, sans compter sa soi-disant maladresse qui confine presque à la connerie congénitale... Quant au fameux Edward... non mais franchement les filles, qu'est ce qui vous prend là? Avant la gente féminine avait la décence de fantasmer sur un Darcy, un Heathcliff, ou même, aller, un Rogue... Mais Edward quoi! Ok il peut intriguer, ok il a des cotés gentleman assez séduisants, ok c'est toujours pratique d'avoir un vampire "parfait" comme copain pour nous protéger et se la péter... Mais bon ça va bien 5 minutes quoi. Je l'ai trouvé vraiment très relou avec ses crises inexpliquées de "je t'aime/moi non plus" et son petit couplet péniblement récurent sur "nan mais je suis trop dangereux pour toi tu vois, retourne jouer aux Barbies...". Surtout qu'il a l'air à peu près aussi dangereux qu'un caniche nain, alors le coté hyper risqué de leur relation, la tension et tout, je n'y ai pas cru 3 secondes... Sans compter qu'il est d'une condescendance à faire fuir, et que pour un mec qui a plus de cent ans il est quand même gravement pas intéressant (il faut dire que Bella a l'air plus intéressée par sa couleur préférée que par toutes les choses trop cool qu'il a dut voir et vivre au cours du XXème siècle, mais bon on a que ce qu'on mérite...) Et puis surtout qu'est ce que j'en avais marre d'avoir toutes les 3 lignes la description des pupilles d'Edward, du sourire d'Edward, de la "peau marmoréenne" d'Edward, de l'haleine d'Edward... pitié quoi...

Bref c'est vraiment calibré "roman à l'eau de rose", et n'ayant jamais été fan de ce genre de chose ça m'a un peu saoulée, et puis j'ai trouvé que ça manquait d'humour malgré quelques bons moments quand Edward et Bella se moquent de leur différence de "race". Voir une fille normale et un vampire essayer de cohabiter c'est finalement ce que je trouve le plus sympa dans cette histoire et ça pourrait être encore mieux exploité et surtout plus drôle. Mais non, pas tellement... Par ailleurs j'ai découvert plus tard que Stephenie Meyer était mormon. Bon ses romans n'ont rien de militants par rapport à ça, il n'y a pas de quoi s'inquiéter, mais quand on a certaines valeurs ça fini forcément par rejaillir dans ce qu'on écrit. C'est ainsi que j'ai été un peu gênée par certaines idées: évidemment la fille ne doit pas trop la ramener, faire la bouffe pour son père et laisser son petit copain devenir le centre de sa vie et lui obéir quoi qu'il lui demande (que c'est romantique... ), le petit copain en question doit être parfait, sans failles, inflexible et capable de protéger sa belle sinon c'est juste une grosse lopette, et bien sur la chasteté jusqu'au mariage, c'est quand même mieux, parce que le sexe c'est dangereux et maaaaal... (ça c'est plutôt dans les tomes suivant...)

Mais bon, aller je dois bien avouer que malgré tout ça j'ai plutôt pris du plaisir à lire parce que j'ai fini par m'attacher un peu aux personnages (même Bella, et même Edward, comme quoi tout arrive...) et à l'histoire, surtout la famille de vampires, j'ai bien aimé connaître leurs histoires. L'actualisation et la réappropriation du mythe du vampire n'a rien d'hyper originale, et le livre est malheureusement trop centré sur l'histoire d'amour pour qu'elle soit vraiment aboutie, mais bon elle est plutôt sympathique. Enfin, alors que je commençais à compter un peu les pages, j'ai bien aimé la fin, la traque finale et tout. Je l'ai trouvé plutôt bien menée et elle apporte un suspense bienvenue.

Finalement, ce que je vais en tirer c'est que c'est très agréable à lire, ça se dévore tranquillement un après-midi, comme un paquet de fraises Tagada et, en dehors de quelques gros défauts évoqués plus haut, ce n'est qu'une fois qu'on a fini le paquet qu'on se rend compte que c'était quand même un poil trop sucré et un peu lourd, et qu'on a pas vraiment hâte d'en entamer un nouveau. Finalement c'est tout le foin qu'on fait autour (et l'insupportable comparaison avec JK Rowling, Stephenie Meyer n'arrivant pas à la moitié de la cheville de celle-ci...) qui me dégoute plus que le livre lui-même. Le seul avantage c'est qu'il pousse les fans les plus éclairées à se tourner vers les "références" de leur auteur fétiches: Jane Austen, les soeurs Brontë... Bref si cet ersatz peut leur faire lire de vrais chefs d'oeuvre, j'ai envie de dire tant mieux...



Bon pour compléter cette merveilleuse découverte j'étais quand même obligée d'aller voir le film. Je gardais le vague espoir qu'il parviendrait à conserver les quelques éléments intéressants et à nous faire oublier l'histoire d'amour trop culcul et surtout la lourdeur stylistique du livre... Et bien non . Encore une fois c'est le style lourdingue qui gâche tout. Bon ce n'est pas dramatique, ça reste un film divertissant et je l'ai trouvé globalement moins gnangnan que le bouquin, mais c'est très très mal filmé, les images sont moches et ce n'est que gros plans, ralentis, flous, et travelling hyper rapides... Bref la réalisatrice semble bien encombrée avec sa caméra, elle est incapable de saisir la délicatesse des adolescents ou l'aspect onirique des vampires. Pourtant les acteurs ne sont vraiment pas mauvais, bon Bella passe son temps à battre des paupière et à garder la bouche ouverte, mais on sent que bien dirigée elle pourrait faire mieux, elle a du charisme, et Edward n'est pas mal du tout non plus, très beau dans certain plan, moins dans d'autres, il a de la présence. Les acteurs secondaires, en particulier le père de Bella, sont plutôt convaincants aussi. Mais voilà, ils sont tous très mal mis en valeur. Il y a quelques instants de grâce (notamment les moments dans la forêt), et d'autres où on ne sait pas vraiment si on doit rire ou pas... Bref c'est très inégal, le film aurait pu tirer le meilleur de ce roman à l'eau de rose et en faire quelque chose de beau et vraiment fascinant... Try again!

mercredi 14 janvier 2009

Australia

Je ne suis pas une fan hystérique de Baz Luhrmann. Bon ok j'ai vu Moulin Rouge! plus de fois qu'une personne normale ne devrait, mais c'est un film culte donc ça ne compte pas vraiment... J'accroche moyen à Roméo + Juliette, en revanche j'adore Ballroom Dancing. Disons que je trouve ses films intéressants mais que c'est pas toujours mon trip, j'avais donc bien envie de voir Australia histoire de mieux cerner le bonhomme, même si le film a été violemment descendu par les critiques.


Et bien je ne les comprends pas parce que j'ai passé un très bon moment. Bien sur c'est un vrai mélo dans les règles de l'art, on sent l'influence d'Autant en emporte le vent, mais ça m'a aussi fait penser à plein d'autres choses, aux westerns par exemple. Comme dans Moulin Rouge! (mais de manière un peu mieux gérée je trouve...) on passe d'un début assez burlesque à quelque chose de beaucoup plus tragique. Même si il y a pas mal de choses auxquelles on s'attend, globalement je trouve l'histoire bien menée et je me demandais vraiment comment çà allait finir. De plus on sent vraiment la volonté de faire un vrai film australien, un film qui raconte l'histoire de ce grand pays et qui lui rende hommage, j'ai donc beaucoup apprécier d'en apprendre plus sur la place de l'Australie pendant la guerre ou surtout sur les aborigènes. C'était un contexte nouveau pour moi, et j'ai bien aimé. Et enfin, c'est quand même Baz Lurhmann qui est aux commandes, et donc c'est très beau, il y a des images magnifiques, les paysages australiens sont splendides, les décors et les costumes aussi, et les acteurs, tous bons (en dehors de Nicole Kidman inexplicablement moins convaincante que d'habitude), sont magnifiquement mis en valeur (aaahh Hugh Jackman qui se lave, aaahh Hugh Jackman sur son cheval au ralenti... hum bref, je m'égare...). Même si des fois c'est un peu kitsch, on sait que c'est son style quoi, pour moi c'est passé. Enfin voilà c'est vraiment un bon "film d'aventure à l'ancienne", très divertissant, et je n'en demandais pas vraiment plus.

mardi 9 décembre 2008

Bilan ciné de l'année!

Et oui je m'excuse auprès de mes 2 lecteurs et demi pour ce silence prolongé mais... Ouais nan en fait j'ai pas tellement d'excuse valable... Mais maintenant je suis de retour!

Commençons par la fin, 2008 c'est fini et tout le monde y va de son petit bilan, alors moi aussi, ya pas de raison, mais comme j'aime pas classer je vais juste mettre les films de cette années 2008 qui m'ont marqué, ce qui promet donc de donner quelque chose d'une subjectivité à la limite de la mauvaise foi, mais c'est mon blog, je fais que ce que je veux...

Le film que j'ai le plus mieux aimé même si je suis carrément pas objective: Sweeney Todd, et il se hisse illico dans mon top3 des films de Burton (qui devient un top 4 donc...)

Les plus "continuez comme ça les mecs ça fait toujours plaisir de vous revoir": Be Kind, Rewind (pas le meilleur, mais ça reste du pur Gondry), Burn After Reading (pas le meilleur non plus mais très bien et vraiment trop délire), Vicky Christina Barcelona (un poil au dessus des deux autres, mais j'en ai déjà parlé...)

Le plus malsain: Two Lovers, une histoire classique mise en scène avec talent et élégance, et un Joaquin Phoenix à la fois attachant et inquiétant. Magnifique.

Un film très beau, triste, à la première partie magistrale et avec James McAvoy: Atonement

Un film enfin réaliste sur les adolescent(e)s: Juno non, pas parce que toutes les adolescentes sont en cloque, mais parce qu'elles ont plus souvent cette maturité mêlée d'humour que la pouffitude dans le sang... Enfin, je trouve... Et puis ça dépent lesquelles... Bref...

Le plus "moi aussi je veux faire le tour de l'Inde dans un train turquoise avec Adrian Brody": The Darjeeling Limited

Le plus groupie: Penelope, un conte moderne, de l'humour, de l'inventivité, des décors et des costumes géniaux, Christina Ricci, James McAvoy et Catherine O'Hara... Moi je prends.

Le plus qui fait aimer la vie: Be Happy

Le plus come back plus ou moins triomphale: Indy IV, globalement plutôt réussi, donc bon, on va pas trop se plaindre...

Le plus zémouvant: Vasle avec Bashir

Le plus meilleur film d'animation: Wall-e

La plus bonne surprise: Entre les Murs

See you next year!

dimanche 12 octobre 2008

Bilan ciné de la semaine

Appaloosa (parce que j'aime les westerns, et Viggo, et les westerns, et surtout Viggo...) :
Un bon vieux western avec des vrais cow-boys virils, des bleds perdus et poussiéreux, des duels et des méchants indiens... A tel point qu'on passe un bon moment mais que je trouve qu'il manque un petit quelque chose pour en faire plus qu'un bon film vite oublié. Peut-être est-ce l'exploitation quasi-inexistante de la musique (un élément pourtant important des westerns...), ou le montage parfois un peu étrange qui fait passer d'une scène à l'autre sans grande transition... Il y a quelques éléments un peu parodiques (le shérif qui ne trouve pas ses mots, le duel hyper rapide...) mais ils sont trop disparates pour que le film soit vraiment vu comme une réactualisation. Bref il reste sympathique et vaut surtout pour le très réjouissant duo formé par Ed Harris et Viggo Mortensen, on sent leur grande complicité et l'immense plaisir qu'ils ont à jouer ensemble, et leurs scènes communes restent les plus réjouissantes. Je regrette également le traitement un peu étrange apporté au personnage de Renée Zellweger qui promettait d'être excellent (la scène de son arrivée dans le salon de thé où les deux cow-boys bien bourrus se retrouvent soudainement désarmés face à elle est énorme) mais qui part copieusement en live, comme si ils n'avaient pas réussi à choisir entre faire d'elle une fille de la ville coincée et une garce prête à tout (le coup du "il faut qu'elle soit avec le meilleur de la horde" on y croit à peine 3 min...)Bref un film agréable et sympathique mais auquel il manque un petit souffle pour redonner ses véritables lettres de noblesse au genre.


Vicky Cristina Barcelona (parce que c'est le dernier film de Woody Allen) :
Après maintes réflexions et discussions je crois que je fais partie des gens qui considère ce dernier Woody Allen comme un excellent cru. Match Point s'éloignait un peu de l'humour habituel du réalisateur, et Scoop y retournait mais de manière moins brillante, ici il semble avoir enfin réussi à lier à nouveau les deux. Continuant joyeusement son tour de l'Europe Woody a donc posé ses valises à Barcelone où il semble avoir constaté que pour des américains la ville pouvait représenter l'Europe dans ce qu'elle a de plus passionnée, séduisant, et même dangereux... Il y envoie donc deux américaines, amies mais très différentes, leur balance un beau peintre espagnol dans les pattes, rajoute une femme hystérique, et observe ce que ça donne. Pour moi le personnage principal reste Vicky, jolie, curieuse et sur de ce qu'elle veut on observe le vacillement progressif de ses certitudes avec une grande fascination (tout en espérant secrètement qu'elle finisse par larguer le boulet fini qui lui tient lieu de fiancé...). Le personnage de Scarlett Johansson m'a semblé un peu moins intéressant et un peu trop proche de celui qu'elle incarnait déjà dans Match Point (je la préfère en gourde sympathique dans Scoop, mais je sais qu'elle n'a alors pas le même intérêt pour la gente masculine...) reste que le ménage à 3 qu'elle forme avec Javier Bardem et Pénélope Cruz est tout à fait magnifique et semble illustrer à merveille l'idée de Lubitsch selon laquel un trio est toujours plus vivant qu'un couple. Les décors sont sublimes et offrent un écrin parfait à toutes ces belles femmes filmée avec amour et élégance et à un Javier Bardem plus charismatique que beau mais bien loin des clichés qu'on aurait pu attendre... Un excellent film donc, fin, complexe mais aussi très drôle, et impeccablement filmé.

dimanche 5 octobre 2008

Bilan ciné de la semaine

Comptant profiter de la débauche cinématographique que permet une certaine carte de cinéma illimitée j'ai décidé d'aller au moins 2 fois par semaine au cinéma, et de me forcer à mettre des critiques plus ou moins longues et intéressantes ici tous les week-end.

On commence avec une semaine un peu maigre puisque je n'ai pu voir qu'un seul film... Mais il m'a inspiré donc bon, vous plaignez pas...

Entre les murs (parce que le sujet m'intéresse, parce qu'il a eu la Palme d'Or, parce que j'ai envie de pouvoir m'incruster dans les débats qu'il suscite):

Je ne sais pas si c'est une Palme d'Or mérité (n'ayant pas vu la majorité des films de la sélection, c'est difficile de juger) mais c'est indéniablement un magnifique film qui méritait d'attirer l'attention, tant sur son sujet que sur la manière dont il le traite. Finalement je crois que je préfère quand le festival se montre un peu engagé et révélateur de l'air du temps avec des prix comme cela plutôt que complètement déconnecté de la réalité.

Car il s'agit bien d'un vrai film et non d'un documentaire. Un documentaire ne me semble pas avoir de double sens ou de sujet autre que celui qu'il aborde officiellement, alors qu'ici c'est bien plus qu'un simple documentaire sur un collège dans un quartier difficile. C'est une vraie fiction, avec un début, un climax, une fin mais qui pourrait tout à fait arriver en vrai. Certes il y a un côté documentaire, et dans ce cas je suis frappée par la justesse avec laquelle il aborde ce sujet à la fois difficile et important qu'est l'éducation, bien sur je ne sais pas ce qu'il vaudra dans des années mais pour l'instant c'est un film qui sonne vrai, un film subtil et "nécessaire" qui dit énormément de chose sur notre société en général et pas seulement sur l'école. Dans ce film il n'y a ni gentils ni méchants, et même si le point de vue des profs est tout de même privilégié les élèves ne sont pas laissés en reste et n'apparaissent pas complètement comme les monstres incontrôlables et irrécupérables de service. Il montre surtout un jeune prof qui a su garder la foi et a pris le parti de traiter ses élèves comme des êtres humains, d'essayer de s'en rapprocher même si ce n'est pas toujours très scolaire plutôt que de les engueuler ou de les écraser. Certains profs trouvent sa manière d'enseigner condamnable, non seulement je ne crois pas que ce soit le vrai sujet du film, mais en plus il me semble qu'il se débrouille pas si mal que ça, au moins il est réaliste, il ne vit pas dans l'illusion, comme certains profs, que leur faire étudier Voltaire va les mener à grand-chose, il aborde la littérature dans un cadre plus général et, à mon sens, plus utile dans ce genre de classe. Certes son entreprise ne se fini pas complètement sur un succès, mais il a tout de même réussi à faire naître quelque chose, et de voir que lorsqu'il se fait agresser par un élève les autres le défendent sur le coup est bien révélateur que, quelque part, il a réussi à gagner leur respect.

Pour moi c'est avant tout un film sur le langage, et sur les barrières qu'il peut installer entre les êtres humains alors qu'il devrait au contraire permettre aux hommes de communiquer et de se comprendre. A un professeur bavard et utilisant des mots (malheureusement) trop compliqués pour eux s'opposent des élèves ayant leur propre langage, un langage violent, souvent irrespectueux, et on réalise au cours du film que finalement, là où l'adulte s'exprime par la parole, les adolescents semblent préférer l'image, comme le montre les nombreux plans sur eux et leurs affaires pendant que le prof parle, l'importance du tatouage, du look ou les photos de famille que le professeur leur demande d'afficher. Plutôt que de leur faire rentrer des choses inutiles dans la tête il essaye avant tout de les pousser à se comprendre eux-mêmes, à se trouver et à s'aimer pour ce qu'ils sont à un âge et dans des conditions où c'est si difficile. On découvre alors que sous leurs apparences parfois, il faut bien le dire, carrément tête à claque se cache aussi des gens intéressants, des futurs adultes qui ont besoin d'être rassurés sur eux-mêmes et leur légitimité pour pouvoir peut-être évoluer favorablement. Les moyens de communication entre les hommes n'apparaissent pas comme des acquis universels, mais comme des choses qu'il faut sans cesse remanier, actualiser, adapter, comme la mère d'élève qui ne parle pas français et a donc besoin d'un interprète, ou le prof qui explique aux élèves qu'ils doivent adapter leur registre de langage à leur interlocuteur.

Bref j'y vois bien plus qu'un documentaire montrant que les difficultés scolaires sont surtout dues au milieu. Déjà ce n'est pas vraiment le cas, comme le montre le petit asiatique qui vient d'arriver en France mais est déjà très bon ou la fille qui a lu la République de Platon, en y mettant de la bonne volonté ils peuvent y arriver, tant qu'ils auront compris que c'est dans leur intérêt et auront le courage de surpasser les difficultés de leur situation. C'est également plus qu'un document montrant la misère des élèves et des profs, mais plutôt un film sur un groupe d'adulte et un groupe d'ado qui n'arrivent plus à communiquer parce que le second ne comprend plus vraiment l'utilité du premier qui lui ne sait plus comment s'y prendre. Il montre à quel point l'école actuelle peu être déconnecté des réalités, et ce pas seulement dans les quartiers en difficulté, et la tentative d'un professeur de faire avec, tout en restant humain.

Après, pour en revenir au prix qu'il a reçu à Cannes, je trouve ça bien d'avoir attiré l'attention sur ce film parce que c'est un sujet brûlant et que je le trouve passionnant, bien filmé et merveilleusement monté, mais un film comme Valse avec Bachir aurait pour moi plus mérité la Palme d'Or, puisque, bien qu'étant lui aussi une sorte de docu-fiction, il a l'avantage d'aborder un sujet bien plus universel et avec plus d'ambition et d'innovation artistique. Après la perspective de donner une palme à un film d'animation/documentaire (un ovni quand même!) a pu en effrayer plus d'un, c'est dommage, reste que je suis contente de le film de Laurent Cantet ai touché le jury.

mercredi 24 septembre 2008

Top 10 des bonnes raisons de gâcher ses derniers jours de vacances sur Topito


J'essaye d'arrêter d'aller sur ce site, vraiment, mais je crois que j'y arriverais pas tant que je ne l'aurai pas lu intégralement, alors je me déculpabilise en me disant que:

1. Avec VDM et Bash.fr ça me fait un truc de plus à mettre sur mon CV de geek, et mine de rien pour briller en société un petit "ouais moi j'ai lu tout Topito" *rejet de cheveux en arrière* au détour d'une conversation c'est la classe...

2. Ça m'a permis de découvrir plein de chansons funs, et d'en redécouvrir d'autres, vive Deezer et YouTube...

4. Mine de rien j'ai appris pleiiiiin de trucs, des bleds de Norvège aux films maudits, en passant par l'utilité de Paris Hilton, les photos marrantes, et les choses à ne surtout pas dire à un Breton...

5. Mes Favoris ont triplé de volume, et ceux grâce à la découverte de nouveaux liens follement vitaux tels que le blog des devantures aux jeux de mots pourris, le site recensant tous les restaurants bizarres, ou l'explication du système d'unités pifométriques...

6. Rigoler un peu devant des jeux de mots pourris n'a jamais fait de mal à personne...

7. Je suis à présent en mesure de dresser un portrait complet des goûts et tendances de chacun des auteurs de Topito (alors comme ça on aime bien Tarantino et les Nuls? Et ben c'est du propre... bon ok moi aussi mais bon...)

8. J'ai découvert plein de films à voir, de livres à lire et de chansons à écouter.

9. J'ai pu ainsi évaluer mon taux de normalité en vérifiant que j'ai bien tous les DVDs préconisés par le "Top des films qu'on a tous en DVDs" ou tous les numéros de téléphones considérés comme universels... Et en fait le résultat n'est pas terrible terrible...

10. De toute façon, je n'ai pas grand chose d'autre à faire.

jeudi 18 septembre 2008

Rock your body child!

Des fois je me dis que je devrais peut-être arrêter de re-re-re [...] revoir Friends pour la 10 000ème fois à chaque vacances, mais il y a des choses irrésistibles, comme voir la grosse Monica danser par exemple...


(ce maquillage m'impressionnera toujours n'empêche...)

Et puis demain Chandler va (encore) enfin demander Monica en mariage, alors chut...